L’amour immobile – Chapitre 3 – (1)


Illustration : Jean-Baptiste Valadie

L’amour immobile – Chapitre 3 – (1)

Après cette demande, Maddy ne vit plus que dans la seule idée de la visite prochaine. Elle y aspirait avec tant de hâte.
Ensemble par claviers interposés, ils rêvaient ensemble de cette vie. Le seul point évité, était celui de papa. Curieusement Mimi l’évitait et Maddy ressentit de suite que le malaise concernant cet homme s’installait. Elle voyait les problèmes surgir et voulu les ignorer en se disant qu’ils disparaîtraient, se résoudraient. Elle n’avait pas envie d’exclure cet homme oh! que non !

Et ses pensées s’enhardissaient, s’envolaient vers tous les projets possibles et inimaginables concernant la vie possible avec Mimi et l’état dans lequel il se trouvait et pour lequel elle se sentait pousser des ailes d’entreprises diverses pour alléger la vie de l’homme qu’elle aimait.

Son état allongé, cette machine à ses côtés qu’elle appelait “la machine infernale”.
Une machine qui distillait petit à petit du poison en même temps que l’air dans les poumons de Mimi. Ce poison c’était l’humidité qui finirait à long terme d’assécher toutes les alvéoles couvrant ces sacs d’air, jusque dans les moindres recoins des parois. Elle se disait qu’il y avait certainement moyen d’avoir d’autres systèmes plus modernes, d’effectuer les démarches nécessaires pour améliorer le quotidien de Mimi, de lui rendre la vie plus légère, plus supportable, du moins dans la mesure où parler de subir un tel état, pouvait être rendu plus agréable.

Elle avait vu à la télé, l’acteur ayant interprété superman réduit presque dans le même état en chaise roulante suite à un accident de cheval, et aussi dépendant de cette bonbonne d’air attachée à son fauteuil roulant.

Elle avait omis dans ses pensées un gros détail, emportée dans l’excitation de tous ses projets qui formaient une belle danse dans son esprit.

C’est avec toutes ces pensées qu’elle se rendit à la visite suivante toute heureuse de faire part à Mimi de toutes ses pensées.

Et là devant la grande fenêtre qui donnait sur un vieil immeuble désaffecté qui devrait bientôt être démoli, elle parlait à Mimi de tous les projets qu’elle avait en tête. Elle se sentait libre, et heureuse. Il montrait le même enthousiasme qu’elle. Leur conversation se faisait entre eux. Papa s’était quelque peu absenté pendant cette conversation, et ce qu’elle exprima à Mimi c’était son coeur qu’elle livrait de femme aimante.

Elle lui disait aussi qu’elle envisageait de vivre auprès de lui, qu’avec leurs petits revenus, ils pouvaient très bien s’en sortir. Il y avait de la place, une chambre pour elle. Papa avait la sienne.

Elle s’aventura à lui parler de l’état d’immobilité dans lequel était plongé depuis tant d’années, cet homme qu’elle aimait. Elle lui parla d’un fauteuil, d’un autre respirateur, d’un autre appartement, qu’elle s’occuperait de tout. Et qu’ainsi papa pourrait enfin souffler et espérer vivre une retraite bien méritée.

Dans son discours elle fut très enthousiaste, à un point tel qu’elle s’emballait toute extravertie qu’elle était, dans les projets qu’elle déballait les uns après les autres et qu’elle déversait ainsi un peu de manière abrupte, sans se rendre compte de pas mal de choses.

C’est vrai qu’elle voulait le bousculer et lui montrer que la vie pouvait encore être belle, surtout à deux. Son handicap était réel, elle le savait, mais il y avait, pensait elle certainement d’autres moyens pour Mimi, d’autres possibilités de pouvoir lui rendre la vie actuellement plus agréable. De cela elle en était si certaine.

Mimi était aussi enthousiaste qu’elle et se mettait aussi à rêver d’une vie meilleure. Il souhaitait tant se retrouver sur une grande terrasse, du moins c’était un des rêves qui lui tenait le plus à coeur. Là où il se trouvait, son lit ne pouvait même pas être déplacé. Trop large, et l’appartement pas conçu pour une personne à immobilité totale comme lui. Donc les porte-fenêtres trop étroites. Il ne pouvait jamais sortir, aller respirer l’air du printemps, de l’été et des saisons qui passent.

L’après-midi ils la passèrent ainsi dans des projets communs, en abordant tout de même le sujet le plus important qui était de devoir préparer papa.

Mimi dit à Maddy qu’il se chargerait de tout lui-même et qu’il ne fallait surtout pas qu’elle intervienne, ce que Maddy trouvait tout à fait normal. Papa ne lui était guère sympathique, mais ils échangeaient en toute politesse, et puis il devait tout de même bien voir comment elle aimait son fils. Il ne pouvait pas l’ignorer se disait-elle.

Et pourtant devant lui elle se sentait comme une gamine à 17 ans. C’était un sentiment si étrange, elle qui avait pas mal vécu dans son existence de se retrouver intimidée par cet homme là !

Tout était si évident, et Maddy ne voyait rien !

….A suivre…

7 Commentaires (+add yours?)

  1. Lludie
    fév 16, 2012 @ 20:17:59

    C’est vrai que l’illustration de Jean-Baptiste Valadier ici est si belle que j’apprécie que tu prennes ton temps pour chercher encore ta nouvelle image. Quand tu l’auras trouvée, il sera bien assez temps pour que je la reçoive avec tout le plaisir que j’aurai de la découvrir. Je l’attends et j’attends avec un plaisir quasi tantrique^!^

    Répondre

  2. Lludie
    fév 16, 2012 @ 12:57:46

    Ne t inquiète pas ma Douce. Je pense à eux et à toi. Prends soi de toi surtout! La santé c est une priorité.
    J attendrai patiemment, je t envoie des sourires et des bisous qui guérissent !

    Répondre

  3. Lludie
    fév 01, 2012 @ 12:06:28

    Ah! Maddy Maddy! Mais qu’est-ce que tu ne vois pas venir? Je ne vois pas non plus. Ça me mine!

    Répondre

    • petale
      fév 07, 2012 @ 17:42:50

      Oui Lludie, j’essaierai de mettre une suite aujourd’hui ou demain, j’en suis au dernier chapitre nettement plus court.
      Bisous et désolée de te faire languir ainsi, mais je ne pouvais rester derrière mon pc.

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      • Lludie
        fév 08, 2012 @ 23:19:22

        Je t attends. Je te souris. Je n ai pas envie que l histoire se termine, alors attendre continue à me faire rêver à leur bonheur.
        J attends et suis touchée je tu penses à moi. Comme je pense à eux et à toi! Quel bonheur des personnes adorables comme toi dans ma vie. Merci pour ce que tu nous offrez.
        Vraiment je t en suis très très reconnaissante. Ne t excuse pas, rends-les heureux: j’en vibre déjà pour eux.
        Bisous et rire de cristal
        Ludie.

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        • petale
          fév 16, 2012 @ 12:52:11

          Bonjour Lludie,
          Oui les suites ces derniers temps se font attendre :)
          Ceci pour des raisons de santé.
          Je mettrai la suite encore aujourd’hui…..
          Bisous à toi aussi, et de me suivre dans cette histoire.

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