L’amour immobile – Chapitre 2 – (6)


Illustration : Mastadeath

L’amour immobile – Chapitre 2 – (6)

– Ecarte les jambes murmura Mimi
– Il fait la sieste papa et faut pas qu’il nous entende. Un rire sincère et espiègle sortit de sa gorge. Il riait de si bon coeur, s’amusait de la situation.

Maddy se laissait aller à ses sensations en recevant ces caresses de la même façon qu’elle les aurait reçues d’un autre homme. De toute manière pensa t-elle en souriant, cela finit allongé, alors finalement ici c’est presque pareil, sauf que je suis assise ici, que je sens ses doigts qui me caressent, qu’il me donne vraiment envie là, que nous avons papa dans le dos comme garde-chiourme, et que je lui sauterais dessus si je m’écoutais.
Elle imaginait la scène en souriant de plus belle et partagea ses pensées avec l’être qui était ainsi entré dans sa vie et occupait depuis peu toute la place.

Elle ferma les yeux pour ressentir la douceur de ses doigts.
– Tu as la peau douce dit il tout bas
– Je peux continuer ?
– Mais oui bien sûr, c’est si bon ! Encore !

Il s’aventurait ainsi le long de cette jambe ainsi offerte, remontait audacieusement de plus en plus haut et lui caressa du pouce le haut de sa cuisse pour arriver à son slip qu’elle avait minutieusement choisi pour la circonstance en se disant on ne sait jamais.

Elle se laissait aller ainsi au plaisir d’être caressée et de ressentir d’être en ce moment devenue
si importante et de pouvoir offrir le plaisir de donner du plaisir avec l’amour en plus. Elle posa sa main sur le T-shirt de Mimi, descendit le long de son torse, souleva ce vêtement et lui caressa la peau imberbe. Il avait la peau douce, si douce. Elle osa aller plus bas, vers son ventre. Il fermait les yeux de contentement de plaisirs. Pendant ce temps là papa s’était endormi sur son journal.

Maddy se sentait là comme une adolescente jouant un bon tour à ce papa qui semblait les surveiller comme s’ils étaient des gosses de 15 ans n’ayant pas le droit de faire des galipettes. Elle se dit que la situation était totalement surréaliste et tournait tout cela de manière très humoristique. C’était si absurde et si comique comme situation, les deux à la fois.

Elle était là les jambes légèrement écartées son corps demandant davantage et sa bouche restant close par pudeur. Elle qui pouvait être si impudique avec les amants d’autrefois. Là elle riait d’elle-même.
Soudain elle prit la décision. Elle se leva, alla aux toilettes fit semblant de faire pipi et en profita pour enlever son slip. Elle tira la chasse, et les dentelles entre les mains, elle les glissa subrepticement dans son petit sac. Elle ne dit rien à Mimi lui réservant la surprise, se réinstalla de la même manière confortablement sur la chaise.
La main de Mimi partait en exploration de la jambe, de la cuisse. Elle savourait chaque caresse, avec le ressenti de cette douceur, de cet amour qui transpirait au-travers de chaque pore de sa peau. Elle se sentait vibrer. Il connaissait tout de sa vie et ne comprenait pas pourquoi elle se trouvait là pour lui. Pourquoi cet amour ? Maddy se posait un peu la question, mais savait par expérience qu’en la matière elle ne contrôlait rien ou ne voulait rien contrôler, aimer ainsi c’était vraiment trop bon jusqu’à la passion.

Celle-là elle l’avait vécue, c’était dévastateur, fort si intense et faisait partie intégrante de sa vie à jamais.
Elle avait choisi de s’y laisser aller avec tous les risques que cela pouvait comporter. Il ne s’agissait pas de sida, mais de peines de coeur peut être, qui sait se dit-elle ce que l’avenir me réserve. Alors je vis aujourd’hui, et puis tant pis.
La vie elle l’aimait, elle la savourait, même si financièrement c’était très dur, au moins cette éclaircie inattendue lui procurait du bonheur. Alors pourquoi refuser ? Elle plongeait la tête la première consciemment et avec un soupçon de naïveté. Cela faisait partie de son caractère.

Là elle glissait sur l’onde des vibrations intérieures. Mimi lui demandait comment elle se sentait. Il était inquiet croyant mal faire. Elle en conclu donc qu’effectivement il faudrait le guider, lui apprendre. Elle rapprocha sa chaise. Et lorsque ses doigts rencontrèrent des pétales humides et des lèvres bien ouvertes, Mimi ne fit que l’effleurer puis arrêta.

– C’est trop tôt, cela va trop vite murmura t-il- C’est pas grave, chaque chose en son temps répondit-elle avec un sourire plein de confiance.

Elle était toutefois un peu frustrée mais comprenait. Ne rien brusquer et puis il y avait papa là-bas derrière. La galère !
Elle resta assise le temps de calmer ses sens en émoi. Et puis il fut vite 17 heures, le temps de partir prendre le bus, le train et rentrer chez elle dans son petit nid.
Elle retournait à chaque fois le coeur léger. Avancer dans la vie, aller tout droit en profiter. Le temps du retour était bien trop court pour se remémorer tout ce qu’ils avaient vécu ensemble durant ces quelques heures. Engranger le plus d’informations, parler, éclaircir des malentendus créés via Internet par mail ou par msn.

L’informatique à ce niveau, vraiment pas le top pour pouvoir s’exprimer. Pas de visage, ni le son de la voix, ni les expressions, la musicalité des inflexions et de toutes les variations de la gamme de cette belle musique qui est une si belle symphonie. Les sons du coeur.

Elle se remémorait la main de Mimi sur la jambe remontant lentement et si amoureusement de plus en plus haut vers sa féminité tendue, excitée, dans l’attente de savoir la suite, comme une première fois. Ce moment là qu’elle n’avait jamais pu connaître, en avait été privée par un immense saccage.

Il connaissait son histoire, il savait tout d’elle, tous ses secrets les plus intimes, ses amours passées, ses blessures les plus profondes. Lui se confiait aussi, mais de façon plus prude, ainsi sont les hommes se dit-elle. Elle savait qu’elle faisait une généralité.

Maddy se découvrait, elle se sentait bien dans ce rôle quelque peu d’initiatrice.
Il ne lui parlait jamais de son ex-amie si rapidement décédée. Parfois elle abordait le sujet avec précaution et douceur. Il lui fit des confidences, les écouta et elle ne sut que penser. Il y avait des choses d’après elle qui ne collaient pas. Elle ne pu les dire, impossible, de peur de le heurter, d’être trop maladroite, elle se savait si directe, impulsive. Sa franchise lui jouait tant de mauvais tours. Elle assumait, mais dans ce cas ci, il ne fallait pas, non par pitié, mais par respect. Elle brida donc ses envies de vérité pour ne vivre que le moment présent dans l’attente d’une prochaine visite qui ne serait prévue que le mois suivant. Chacun le savait.

Le temps fila à une telle vitesse qu’elle se retrouva avec une immense joie et des désirs pleins le ventre au jour de la visite suivante.
Elle prépara comme d’habitude son baluchon avec les vivres pour la journée. Tout en rangeant les paquets pour ce mini-voyage de la journée, elle se remémorait une conversation par internet qu’elle avait eue avec Mimi et qui ne lui avait vraiment pas fait plaisir. Elle en était encore bouleversée et si humiliée.

Ils s’étaient connectés comme d’habitude aux environs de 18 heures avant que Mimi ne se mette en visible comme connecté sur messenger, si jamais quelqu’un souhaitait lui parler en privé au sujet d’un problème de vie personnel.

Lors de leur échange par écrit sur messenger, Mimi lui dit ceci quasiment sans aucun ménagement. Il fut direct. Elle se demandait encore si cela avait été voulu ou non de sa part.
– Mamour, lui dit-il, j’ai quelque chose à te dire de pas très agréable, et dont mon père m’a fait part à ton sujet.
– Ah ? et il s’agit de quoi ?
– Papa a abordé ta situation économique et le fait que tu sois au chômage.
– Oui répondit-elle interrogative, et que se passe t-il à ce sujet ?
– Il croit que si tu m’aimes, c’est parce que tu es intéressée par mon indemnité d’invalidité.
– Comment ? Mimi, je ne comprends pas. Je suis indépendante, je n’ai besoin de personne. Pourquoi une telle remarque qui ne me fait pas du tout plaisir, et même qui me met très en colère ? Comment peut-il penser une telle chose de moi ?

En écrivant ces mots Maddy fulminait et bouillonnait de colère contre cet homme qui lui attribuait des pensées totalement tordues pour elle et incompréhensibles, vu qu’elle n’étais pas sans rien, qu’elle-même se battait pour survivre au même titre qu’eux là-bas.

– Je t’aime, et très sincèrement Mimi, ton indemnité ou la mienne où est l’importance ? Pourquoi dit-il cela, tu le comprends toi ?
Et Mimi de lui écrire qu’il ne savait pas, qu’il n’osait rien dire à son père et qu’il ne comprenait pas pourquoi il avait dit cela.

Comme il était question lors de ces écrits de l’arrivée prochaine de Maddy, elle se dit qu’elle réfléchirait à tout cela et puis préférait en parler avec Mimi de vive voix. Par internet, elle n’aimait vraiment pas.

Dans le train, elle se souvenait des échanges écrits qu’elle avait conservés sur un disque dur externe. Elle se sentait vraiment mal, essayait d’analyser cet avis. Elle essayait de réfléchir, d’analyser, de comprendre, mais arrivait à la conclusion qu’elle n’avait rien à se reprocher et au grand jamais, avoir pensé un seul moment à ce truc là. Elle en tombait des nues. Elle rageait contre le père, le trouvant méchant à son égard, injuste à émettre ainsi un avis sans oser lui en parler.

Mais quelque part où pouvait se trouver la vérité, aussi bien celle du papa de Mimi et de ce dernier. Elle savait que l’être humain pouvait être ainsi, mais là cela dépassait tout entendement.
Elle se sentait très humiliée, avilie.

Au rythme que faisaient les raccords des rails, le compartiment se balançait doucement et allait vers la destination tant désirée, tirée par une locomotive électrique. Ce train avait pour vocation de devenir bientôt une ligne à grande vitesse et à la destination en gare, les travaux allaient bon train. Il y régnait comme d’habitude une faune étrange comme à la gare de départ. Des gens pressés comme d’autres qui déambulaient avec de grands sacs à carreaux rouges et blancs remplis à rebord. Des jeunes trainaient ça et là, debouts ou assis sur les banquettes de bois dans le hall vers la sortie.

Pendant le trajet dans le bus, Maddy se dit qu’elle devrait relever la tête, et faire fi des commentaires que Mimi lui avaient transmis. Elle se demandait si, sur place, elle oserait aborder le sujet en face à face. Elle s’en savait capable, mais était-ce judicieux ? Elle pensait que oui, puis une autre fois que non !

Arrivée au pied de l’immeuble, elle pensa qu’il valait mieux comme d’habitude aviser à l’instinct et se dit finalement : « Zut après tout, vivons le présent comme il se présente et après nous les mouches. Allons de l’avant, nous verrons bien ».

C’est dans cet état d’esprit qu’elle franchit le sourire aux lèvres la porte grise de l’appartement. Mimi dès son entrée, lui renvoyait aussitôt un sourire qui éclairait tout son visage. Comme elle l’aimait le voir ainsi, épanoui, avec ce bonheur dans les yeux qu’il ne se privait pas de lui distribuer. Ce regard lui transperçait le coeur, et cet amour qu’il lui montrait lui faisait tellement du bien. Il la remplissait entièrement, la submergeait et tous les soucis s’envolaient comme par magie à ce moment là, juste quelques regards échangés, sans paroles. Ces dernières n’étaient pas nécessaire.

Comme d’habitude, elle s’était habillée légèrement. L’été avait pris la place du printemps. D’une jupe légère et ample, pas de bas, elle arrivait le coeur gonflé de tant de désir, d’amour avec quelques idées en tête, toutes aussi coquines les unes que les autres.

Chapitre 2-7

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5 Commentaires (+ vous participez ?)

  1. Ghislaine
    Mai 04, 2013 @ 15:30:38

    et le pere ?? il en aurait moins pour lui aussi !!!!!!!!!!!!!

    Réponse

  2. Oceanelle
    Jan 08, 2012 @ 17:28:33

    Superbe ! Bisous

    Réponse

    • petale
      Jan 08, 2012 @ 19:31:18

      Bonsoir Oceanelle,
      Tu as pu rattraper ton retard ? Tant mieux, je suis contente ! Je mettrai une suite demain. Merci pour ton gentil passage et de suivre cette histoire d’amour 🙂
      Bisous.

      Réponse

  3. lludie
    Jan 07, 2012 @ 20:34:40

    Merci ma Petale! J attendais avec grande hâte. Ça va recommencer maintenant. Je suis toute bouleversée par les injustices que la vie inflige à Maddy. Pourquoi est-on si mal jugée quand on est si sincere? Les gens mesquins devraient plus s occuper de leurs fesses, le monde s en trouverait sûrement mieux!

    Réponse

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