L’amour immobile – Chapitre 2 – (7)


Anatoly Jelin

Illustration : Anatoly Jelin

L’amour immobile – Chapitre 2 – (7)

Ils en parlaient bien entendu. Il lui disait si souvent qu’il avait envie d’elle, que c’était pour lui impossible, mais que ce sujet il l’abordait avec le personnel médical qui l’entourait et lui avait assuré qu’il pouvait donner du plaisir à une femme avec ses deux doigts.
Maddy découvrait cet aspect là avec lui et avançait avec précaution dans cet univers quelque peu étrange.

Son coeur lui dictait les actes et elle avait confiance. Elle s’était rarement trompée quant aux gestes à faire ou à rendre pour avoir une relation sexuelle heureuse et satisfaisante. Elle était de nature entreprenante, aimait rire pendant l’amour, et les coquineries elle les adorait. Elle se dit qu’elle pourrait peut être entraîner Mimi dans quelques délires auxquels elle avait réfléchi.
D’un sourire malicieux, elle avait pensé : « Rêve toujours, car tu ne sais même pas ce qui va arriver dans ce domaine. »

Elle s’était concocté des tas de scénari possibles en y souriant d’avance de plaisirs. Elle s’imaginait les caresses qu’elle pourrait lui donner et lui faire découvrir. De cela aussi ils en avaient déjà parlé, et Mimi lui écrivait à chaque fois d’arrêter car elle suscitait chez lui tellement d’envie, ce dont elle était si heureuse.

Un jour il lui avait avoué qu’il avait joui et combien il était heureux. Il ne savait pas par quel miracle il pouvait ressentir cette jouissance, mais elle était bien présente. Pas à pas ainsi elle entrait dans son intimité et lui livrait la sienne.

Les politesses d’usage faites dès son arrivée au papa qu’elle appelait Monsieur et puis le nom de famille, le temps de demander de ses nouvelles, comment il se sentait et essayait ainsi d’établir un dialogue, elle avait embrassé joyeusement Mimi, avait déposé son sac dans le coin à côté de l’armoire qui longeait le lit de l’homme qu’elle aimait, avait pris une chaise et s’était installée la main dans celle de l’homme allongé depuis si longtemps dans ce lit, immobile et prisonnier.

– Nous sommes quelque peu tracassés avec la vétusté du matériel, et lorsqu’il faut remplacer la machine en catastrophe, c’est toujours la galère. Les pouvoirs publics de la ville ne font rien pour améliorer les conditions de vie de ce genre de pathologie, et même le parti socialiste nous fait vivre dans cet immeuble à côté d’un autre complètement vide et délabré, laissé à l’abandon.

– Mais le matériel reprit Maddy n’y a t-il pas moyen d’avoir quelque chose de plus moderne ?
– Si lui dit-il avec un sourire quelque peu ironique mais qui ne lui était pas adressé, mais plutôt vis à vis des instances politiques, il faut de l’argent, et cela nous n’en avons pas.

– Et oui, comme d’habitude. Et n’y a t-il pas moyen de faire autrement, d’alerter d’autres actions en place pour que vous ayez tous les deux un peu plus de confort ? Que de questions restées sans réponses car elles échappaient au commun des mortels qu’ils étaient tous là dans cette pièce.

Jusqu’au repas c’était souvent les mêmes rituels, accompagné du bruit de cette pompe qui fonctionnait au rythme de la respiration de Mimi. A tout cela elle s’était facilement habituée et faisait partie intégrante de lui. Elle essayait juste de trouver des idées pour alléger tout ce poids qu’il devait supporter d’autant d’inconfort auquel il était soumis.

Elle se sentait pousser des ailes de créativité et se dit qu’elle irait aux informations dans ce domaine. Elle ne parla de rien avec Mimi. La fin de la matinée ainsi s’écoula doucement entre la mise au point de divers malentendus qui avaient pu se glisser entre eux depuis le dernier entretien tumultueux. Ils finissaient par en rire ensemble, car autant Mimi qu’elle ne manquaient d’humour. Il avait l’esprit primesautier d’un vrai gamin, cet adolescent qu’il était resté dans son coeur et qui montrait autant de différence entre son esprit et ce physique d’adulte allongé là auprès d’elle.

Ils s’embrassaient souvent comme le font tous les amoureux. Elle avait le dos tourné et ne pouvait donc pas voir le papa qui était dans la cuisine derrière son dos. Une grande baie séparait les deux pièces. Mimi riait souvent de son père en faisant tout bas des réflexions à Maddy quant à l’attitude qu’il avait pendant qu’il préparait le repas, ou bien lorsqu’il intervenait dans leur conversation de manière assez naturelle.

A ce moment là la vie s’écoulait sereinement et Maddy n’attendait qu’une seule chose comme Mimi que l’heure de la sieste sonne pour l’homme qui avait sur ses épaules toutes les responsabilités et la vie de son fils entre les mains. De lui tout dépendait.

Toutefois aborder le sujet qui lui tenait à coeur elle ne pouvait pas en parler. Cela lui semblait impossible dans l’état actuel des choses, c’était trop tôt et elle ne voulait brusquer personne.

Après que le rite du repas fut terminé, d’abord celui de Mimi, où papa lui donnait à manger debout à côté de son lit. Maddy aurait tant voulu tenir cette fourchette et accomplir ce geste d’amour. Mais elle ne pouvait pas le demander juste regarder.

Ensuite elle mangeait son repas d’une baguette de poulet curry crudités, accompagnée de l’eau qu’elle emmenait aussi, sans oublier d’avoir apporter quelques sucreries pour Mimi et son papa. Ils les adoraient tous les deux et puis elle n’arrivait pas les mains vides. Mimi la regardait manger, et tout en avalant avec appétit le repas que Maddy engloutissait avec appétit, il la regardait et ensemble bavardait encore et encore. Papa derrière dans la cuisine mangeait tout seul.

A ce sujet Maddy avait pris la position d’être là auprès de Mimi, de lui rendre visite chez lui certes, mais d’être auprès de l’homme qu’elle aimait et tenait vraiment à le montrer à sa manière. Se laisser aller en toute simplicité à l’amour qu’elle exprimait à Mimi, en l’embrassant devant papa, en lui caressant le bras, lui tenant la main. Pour le reste il faudrait attendre que papa s’endorme.

Sur de telles pensées quelque peu coquines, Maddy souriait en elle-même et trouvait la situation quelque peu absurde. Elle se sentait à son âge, comme une gamine prise en défaut, avec cette présence constante et continuelle, qui n’avait même pas la délicatesse de les laisser tout seul.

Mais là elle comprenait que cela n’était guère possible, car s’il y avait un pépin avec la machine, elle ne pourrait rien faire, absolument rien, et ne pourrait assister qu’impuissante à la mort de Mimi. Car sans air la durée de vie est si courte. Donc elle ne pensa plus à essayer d’envoyer papa faire des courses ne fut ce que cinq minutes, c’était trop risqué. Et pourtant qu’est ce qu’ils en rêvaient tous les deux de cette solitude refusée.

Alors ils s’évadaient dans des délires communs en riant comme des enfants qu’ils étaient redevenus. Surtout Maddy retrouvait avec lui, son insouciance, une autre jeunesse, un amour de vie aussi étrange que cela puisse paraître. Le soleil, la saison y faisait peut être quelque chose, mais être à côté de Mimi s’était une telle leçon de courage à recevoir, de volonté de vivre, de le voir aussi épanoui et heureux, qu’elle ne pouvait que le suivre dans le même état, elle totalement libre de ses mouvements.

Il lui parlait de ses rêves. Il avait peur qu’elle le quitte pour un autre qui pourrait l’emmener danser, lui donner ce qu’il ne pouvait pas, surtout physiquement.

Après ces paroles, Maddy se leva, alla aux toilettes, enleva sa petite culotte de dentelles, et puis revint l’air de rien, avec au creux de la main, le petit morceau de tissu qu’elle mit rapidement dans son petit sac de voyage, le plus discrètement possible. Mimi avait les yeux qui pétillaient alors. Et c’est avec une intense satisfaction intérieure, et une nouvelle liberté qu’elle se rasseyait sur cette chaise devenue presque un symbole d’un lieu où elle avait déjà tant imaginé depuis la dernière fois d’autres caresses à recevoir.

Mimi lui avait raconté ce qu’il apprenait des infirmières. Et cette conversation elle l’avait bien retenue. C’est ainsi qu’elle déposa ses pieds nus sur l’autre chaise devant elle, les bords en bois sous l’assise lui permettait ainsi de lever les jambes légèrement écartées et d’être ainsi plus proches de la main de Mimi nonchalamment déposée sur le drap blanc. Il lui caressait les jambes et de ses deux doigts de la main valide arrivaientt à lui transmettre des frissons comme si tout son corps était caressé par l’ensemble de ses deux bras.

Elle se laissait ainsi glisser à recevoir ce que Mimi souhaitait lui donner. Il lui avait avoué qu’il aimerait tant la voir jouir, lui donner ce plaisir. Maddy n’y avait pas trop pensé, se demandait comment elle allait réagir. Même si son ventre appelait à des caresses, à autant d’envies qui n’étaient que tout à fait normales et humaines. Elle l’aimait et son amour allait de pair avec le désir qu’elle avait de lui, même tel qu’il était immobile, restreint dans ses mouvements.

Non pas qu’elle s’en fichait, mais elle s’adapterait, improviserait et surtout avait l’intention d’en profiter à deux, et d’en faire profiter Mimi aussi. Elle ne savait pas encore comment et ressentait de la timidité soudaine, comme une première fois, comme une jeune fille. C’était un sentiment si nouveau, si pur, si intense, fou, total, sans aucune limite.

Pendant ce temps là Mimi la caressait, et ses doigts arrivèrent ainsi à l’orée de son puits d’amour, de ses lèvres si chaudes, et surprise complètement trempées, déjà ouvertes.

Il la caressait, avec une telle douceur, qu’elle ne pouvait que s’abandonner sous des doigts aussi experts. Elle se laissait aller au plaisir, s’y enfonçait avec délectation, et sentait que celui-ci ne tarderait pas à venir, ce serait pour eux deux la première fois.

Elle se retenait toutefois, pour en profiter encore et encore, pas tout de suite. Elle pouvait gérer cette montée qu’elle ressentait et qu’elle allait devoir taire. Elle regardait Mimi, l’encourageait, car il se posait apparemment quelques questions. Mais l’heure n’était pas aux paroles, mais plutôt aux échanges. L’environnement disparaissait ainsi que la présence de papa. Elle lança tout de même un regard furtif. La voie était libre, elle pourrait plonger dans les délices avec Mimi. Lesquels ? Ils verraient bien.

De ses deux doigts, il la fouillait, et ses pétales luisantes et coulantes réagissaient sans tenir compte de la position inconfortable.

Et pourtant elle avait tellement envie de se laisser aller pour eux deux. Et puis elle ne pouvait que savourer, elle aimait le plaisir, la jouissance. Elle avait écarté ses cuisses, pour faciliter à Mimi l’accès. Pas facile de concilier les apparences. Cela pimentait aussi l’atmosphère, un peu comme deux adolescents accomplissant l’interdit. Et c’est là où elle se disait combien tout cela était absurde.

En rejetant ces pensées parasitaires, elle se coula dans la confiance entre eux qu’il avait créée. Elle le laissait faire de manière quelque peu provocante tout en restant pudique, vu qu’elle n’était tout de même pas toute nue non plus. Cela la fit sourire en ayant des images coquines sous les yeux qui lui venaient ainsi. Elle les raconterait plus tard à Mimi, et il en rirait tellement, elle le savait.
Mimi lui demanda s’il pouvait continuer, s’il ne lui faisait pas mal, il restait inquiet, attentif :

– Non, continue c’est si bon !

Chapitre 2-8

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6 Commentaires (+ vous participez ?)

  1. Ghislaine
    Mai 04, 2013 @ 15:36:29

    Comment ce pere qui dit aimer son fils peut il lui refuser une liberté indispensable !!!!!!!!! il pouvait sortir un peu……………….

    Réponse

  2. lludie
    Jan 22, 2012 @ 10:06:03

    STOP CENSORSHIP!!!?????

    Dis ma Pétale, c est quoi cet horrible bandeau qui m empêche de lire ton blog? Ils t’ont censurée?!
    Ce serait lamentable ! Horrible! minable!
    Rassure-moi vite s’il te plaît. Je n’en reviens pas de ce que je vois!
    Bisous et vivement des nouvelles de Maddy
    Bises à toi. Bon dimanche ma Toutedouce.

    Réponse

  3. lludie
    Jan 21, 2012 @ 22:03:00

    Dis ma Pétale, c est quoi cet horrible bandeau qui m empêche de lire ton blog? Ils t ont d’endurer?!
    Ce serait lamentable ! Horrible! minable!
    Reonds moi vite s il te plaît. Je n en reviens pas de ce que je vois!
    Bisous et vivement des nouvelles de Maddy

    Réponse

    • petale
      Jan 22, 2012 @ 18:47:12

      Bonsoir Lludie,
      Ce bandeau avait été mis en place en guise de protestation pour une pétition mise en place aux E.U, contre la censure que certains voudraient voir appliquer sur nos blogs quels qu’ils soient. Quelle censure ? Je ne sais pas. Mais qui dit censure dit muselage de la pensée, de la liberté d’expression.
      Quant à la suite de l’histoire, je vais la poster, le temps de trouver une illustration adéquate.
      Bisous

      Réponse

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